Marshall est sorti en s’étirant au fond de la salle du restaurant. Un drôle d’endroit overkitsch, une crêperie “bretonne” (ou pas) dans un décor des milles et une nuit version la Foir’Fouille dans le 6e arrondissement.
Un de ces soirs un peu vaseux, lendemain de fête.
Il est venu à côté de nous puis sur mes genoux, s’est mis à ronronner et a fini par fermer ses petits yeux. Les chats sont les meilleures compresses pour le coeur.
J’aime les chats.
Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Érèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Charles Baudelaire, in Les fleurs du mal.










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