J’ai eu la chance de voir hier soir en première à Paris, et par une gentille invitation, la pièce de théâtre “Parfum d’intimité” tirée de l’oeuvre de Michel Tremblay “Les anciennes odeurs”.
Jean-Marc (Renato Ribeiro) et Luc (Hicham Nazzal) se sont aimés. Ils ont partagé l’un avec l’autre sept ans de leurs vies et se sont quittés il y quatre ans. Luc, devenu comédien célèbre, vient de temps rendre visite à Jean-Marc, professeur de lettres émérite à l’université et écrivain raté.
C’est ainsi que commence la pièce, lors d’une visite qui ne sera cette fois pas comme les autres. A la lumière tamisée du bureau de Jean-Marc, les deux anciens amants vont peu à peu se livrer l’un à l’autre sur fond de rupture pas vraiment digérée ou d’histoire pas vraiment finie, c’est à voir.

L’oeuvre de Tremblay met en perspective les différends universels qui bien souvent pèsent sur ceux qui s’aiment : infidélité, jalousie, possessivité… tout est passé au crible. La mise en scène privilégie un dialogue qui donne bien souvent place à des monologues longs mais néanmoins denses et riches dans l’émotion qu’ils suscitent. Plongé dans l’intimité de ce couple qui a chaviré, et qui malgré tout demeure, je me suis vite pris au jeu, l’identification à l’un comme l’autre des personnages ayant été quasi instantanée. Heureusement, des notes de légèreté viennent au secours d’une histoire qui peut facilement vous plonger dans un certain spleen, pour peu qu’elle ressemble (forcément) un peu à l’une des vôtres.
On notera l’excellence de l’interprétation des deux et seuls acteurs de cette pièce qui m’a personnellement beaucoup touché. Le thème de l’infidélité notamment qui, il faut le souligner, est très bien traité entre “l’idéalisme-si-l’-on-veut” de Jean-Marc et la vie frivole de Luc qui tombe amoureux dix fois par jour. La difficulté du couple de s’établir autour de cette problématique, met en avant les questions essentielles et fondamentales qui peuvent se poser dans ce genre de configuration.
“Parfums d’intimité”, mis en scène par Christian Bordeleau, est donc une pièce qui ne manquera pas de faire vibrer vos cordes sensibles.
C’est à l’Espace Comédia (6 impasse lamier, Paris 11e), chaque mardi soir à 21h, jusqu’au 11 décembre.
Portez-vous bien.









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