Philippe est un enfant unique, né dans la période d’après-guerre. Aimé de ses parents, il vient d’une famille où tout se passe bien. Le temps glisse et malgré le calme apparent de sa personne fragile, Philippe en est perturbé : il a un frère.
Il l’imagine au contraire de lui : grand, fort et courageux. Il le sait vaillant comme ses camarades de classe qu’il voit jouer au ballon dans la cour de son école primaire. Quand il rentre chez lui le soir, dans la chaleur du foyer il est entouré de ses parents aimants. Et puis un jour, voilà qu’il ouvre le coffre d’habitude fermé. Ce coffre n’aurait pas dû être ouvert. Il y découvre un petit chien en peluche, il le garde contre lui et sera son compagnon. Cette fois c’est sûr, il a un frère. Il le savait.
De l’enfant qui ressent, Philippe en arrive à l’adolescent qui veut savoir. Il découvre les photos, les langues se délient. La vie de la famille, de ses parents, n’a pas été un long fleuve tranquille. Tout s’éffondre. La réalité de la période douloureuse de la guerre pas si lointaine ressurgit. Philippe a bien eu un frère. Son frère est lui, il est son frère. L’avancée vers l’âge adulte se fait dans la terreur de ce terrible secret qui explique enfin tant de choses. Avec la découverte de son histoire, Philippe sait enfin qui il est.

Les premiers paragraphes sont brefs, incisifs. Le parcours en est tout aussi bouleversant. Tout en pudeur, concentré sur l’essentiel, l’auteur qui écrit ici une “presque autobiographie” se livre sans détours.
À travers l’histoire douloureuse d’une famille dont il se retrouve l’héritier, il retrace les événements qui l’ont conduit à être ce qu’il est aujourd’hui. On revient en arrière, pour comprendre les blessures ouvertes et aller de l’avant pour apprendre à vivre avec.
“Lève toi et marche” disait-il. Ce livre est une ôde à la vie, à rester debout quoiqu’il arrive. Apprendre à être, avec l’autre. Philippe Grimbert donne tout son pesant à cette histoire qui, dit-il, l’a conduit à être ce qu’il est devenu par la suite : un psychanaliste (et un écrivain talentueux).
Un seul conseil donc : lire ce livre au coin de la cheminée pour les longues soirées d’hiver qui se profilent.









0 commentaires sur “Mon secret”