J’étais hier soir à la Comédie des Champs-Elysées pour voir la pièce de Florian Zeller Si tu mourais avec Catherine Frot, Robin Renucci, Bruno Putzulu et Chloé Lambert.

Il faut bien avouer que j’y allais avec plusieurs a priori, tout d’abord sur Florian Zeller que je ne pouvais m’empêcher d’imaginer comme un petit con plein d’arrogance (sûrement parce qu’il est jeune, beau, sûrement encore parce qu’il a publié jeune et certainement parce que j’en suis jaloux) et ensuite sur Catherine Frot que je voyais comme bonne actrice à films télé, rien de plus. Et bien, hier soir, mes sales préjugés de neuneu se sont effondrés et c’est tant mieux.
Mais de quoi parle cette pièce ?
Un homme, un écrivain, meurt (Robin Renucci). Sa femme (Catherine Frot) en parcourant les écrits qu’il reste dans son bureau commence à douter. Et si l’homme qu’elle aimait depuis trente ans n’était pas vraiment celui qu’elle avait connu ? Et si, comme dans sa pièce de théâtre inachevée, il avait réellement une double vie ? Elle cherche à comprendre : qui était-il vraiment ?
De fil en aiguille, rencontre après rencontre, elle fouille le passé de son mari.
Et alors, c’était comment ?
Et bien comme je le disais pour introduire, mes préjugés sont tombés de haut. Dans les premières minutes du spectacle j’ai eu la sensation très déstabilisante face à Putzulu et Frot d’avoir à faire face à des comédiens amateurs. Vous savez comme la première fois où vous montez sur scène et vous ne savez pas quoi faire de votre corps. Et puis ensuite tout passe, tout coule, on arrive dans l’intimité de ces personnages. Même si le sujet peut paraître à la base plutôt difficile (l’histoire se déroule juste après un décès), Florian Zeller a une réelle maîtrise des mots qui fait qu’on va rire lors de passages comiques voir burlesque et être touché quand toute l’humanité d’un être s’exprime (un superbe monologue de Chloé Lambert au passage). Les répliques sont parfois incisives, toujours intelligentes, c’est souvent un véritable régal.

J’ai également trouvé cette pièce très “cinématographique” dans sa construction… c’était en tout cas la première fois que je voyais une oeuvre théâtrale avec des retours-en-arrière aussi omniprésents. La mise en scène de Michel Fagadau est géniale en ça : à aucun moment nous nous perdons, tout reste fluide pour notre plus grand bonheur.
L’histoire quant à elle est très intéressante et pose les questions de l’amour, de la fidélité, du rapport à l’autre, de l’inconnu que l’on reste finalement pour l’autre peu importe les années. Un inconnu qui peut se réveler le jour de votre mort, à moins qu’avant de partir vous n’ayez pris soin de…
Un conseil : la pièce se joue jusqu’au 1er novembre, courrez-y !
Pour en savoir plus
A lire aussi ailleurs
Copinage charmant de la soirée : Matoo, Alex, Audrey…








