« Allez, encore une dernière diatribe contre Nicolas, un dernier sursaut avant la victoire évidente de dimanche hahaha, essaye toujours cocotte »
Et bien, oui, si on veut, mais sous la forme d’une histoire, vraie, kafkaïenne, et tellement révélatrice.
C’est l’histoire banale d’une femme française. Enfin… banale, pas tout à fait… et française, apparemment pas tout à fait non plus.
Aline G.* est née dans les années 50 à Paris, France. Elle y vit toujours (c’est ma voisine et la meilleure amie de ma mère), et y travaille toujours également.
Les parents d’Aline, juifs polonais nés en Pologne, ont fui la montée du nazisme et de l’antisémitisme et sont partis de Pologne dès le milieu des années 30 pour venir s’établir définitivement en France, et s’y faire naturaliser très rapidement, laissant derrière eux une famille, un peuple de futurs condamnés. Comme motif d’exil on peut difficilement exiger plus - ndlr.
En 2007, Aline G., travailleuse indépendante pour le compte de grandes sociétés, intellectuelle, mère de deux enfants jeunes adultes, s’est vu proposer une opportunité de travail intéressante pour une société française basée dans le sud de l’Inde. Elle a donc accepté de partir travailler 4 mois sur place, et a dû faire les démarches habituelles pour organiser son départ : vaccins, papiers divers et, naturellement, passeport.
Vous me voyez venir, c’est bien sûr là que le bât blesse. Au moment de se faire faire un nouveau passeport « ultra moderne » comme il est exigé désormais dans un certain nombre de pays, Aline met le pied dans un engrenage administratif (politique ????) cauchemardesque. En effet, alors qu’on lui assure qu’ « avec les nouveaux passeports, c’est super, c’est facile, tout va très vite ‘zallez voir », on lui demande une simple petite « formalité » de dernière minute : prouver qu’elle est française.
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